CARNET DE VOYAGE ...
... Kirghizie Inédite

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Suite du voyage : Chaud plateau


Jour 9 : Une journée de repos bien remplie

Sans aller jusqu’à parler de grasse matinée, le lever est un peu plus tardif qu’à l’accoutumée. Le petit déjeuner est agité d’un débat portant sur le ravitaillement en viande. Gérard nous offre le choix entre chèvre ou mouton. Les arguments en faveur de l’un ou l’autre animal sont longuement pesés, mais en définitive c’est la brebis qui l’emporte (on comprendra que cette dernière ne voit pas forcément les choses sous cet angle).

Abdel Kader se charge d’en sélectionner une bien grasse dans son troupeau et nous convie au " Omin " rituel. Et plus si affinité : ceux qui le souhaitent peuvent assister à l’abattage et au dépeçage de l’animal.

Cindy : 

Bien que l’idée d’assister à la mise à mort d’une bête ne me fasse pas hurler de joie, je décide d’assister à l’égorgement de la brebis. Le voyage à cheval permet de se resituer par rapport à nos besoins primaires. Soyons francs avec nous même ! Nous avons besoin de nous nourrir, ici pas de supermarchés, mais la réalité. Abdel Kader traite l’animal avec beaucoup de respect et de douceur. Tout d’abord, il coince l’animal entre ses genoux pour l’immobilisé et commence à le tondre. Ceci fait, il empoigne son couteau à la lame bien aiguisée et d’un seul geste précis, franc sans hésitation, il tranche la gorge de la brebis. Aucune agitation, pas un cri, de la tête tranchée s’écoule le sang tiède de la bête qui est récupéré et qui servira à la confection de boudins. Ici, pas de gâchis, tout sera réutilisé : la laine pour fabriquer le feutre recouvrant les yourtes, la viande pour nous nourrir et le gras pour le bouillon...

dépeçage de la brebis

Le reste de la matinée est utilisable au gré de chacun : lecture, linge, jeux avec les enfants de la yourte, photos, ...

Image surprenante, lors de la séance " lessive " :alors que les randonneurs profitent d’un peu d’eau pour laver leurs affaires, les femmes de la yourte en profitent elles aussi au même moment pour y nettoyer les boyaux de la brebis qui serviront à confectionner les saucisses.

Ce repos n’est toutefois pas pour tout le monde. Nos trois accompagnateurs kirghizes mettent ce temps à profit pour referrer les chevaux. Certains fers en effet, malgré leur épaisseur remarquable et les crampons, montrent des signes d’usure avancée.

Pose de nouvelles ferrures

Quelques chevaux appartenant à Gérard et à sa famille sont sur place. Ils y ont été laissés pour les besoins d’autres randonnées autour du lac de Son Kul. Mais comme aucun autre départ n’est prévu, cela nous offre la possibilité d’effectuer quelques changement dans la cavalerie.

C’est Urmat, qui est chargé de rapatrier le troupeau ; et c’est avec beaucoup de f ierté qu’il chevauche à cru l’étalon fringuant de Yann, jouant ainsi au tchabane (cow-boy kirghize).

Urmat remplacera Sergent, qu’il aime beaucoup mais que sa grande taille rend assez fatigant en randonnée, par un alezan appelé " Rouquin " mais rebaptisé " Valentin le désossé " par Jean-Michel.

Ce dernier souhaite en profiter pour découvrir une autre monture. " Le Bai " va donc remplacer Ak-Talaa.

Le cheval de Françoise présentant des blessures au dos en raison d’une selle peu adaptée à sa morphologie, " Caramel " poursuivra le voyage.

Enfin, Varanok laisse la place à " Calin ", un jeune cheval gris.

Charchambe, notre monture de remplacement depuis notre départ, mais également souffre-douleur du troupeau, restera avec les autres dans les pâturages. Sergent et Ak-Talaa le remplaceront.

Le temps est magnifique et le froid dû à l’altitude (3000 m) est largement modéré par les rayons du soleil.

Tant et si bien que pour l’après-midi Gérard nous propose soit de nous baigner, soit un tour en barque sur le lac.

Malgré l’envie de nous laver, l’idée de nous baigner dans un lac aussi froid ne nous tente guère. A contrario, l’alternative est elle beaucoup plus réjouissante et nous la retenons avec plaisir.

Sur ce plateau, les distances sont trompeuses. L’eau est beaucoup plus loin qu’elle n’en n’a l’air, et un moyen de transport est préférable pour s’y rendre. Pour une fois, nous utilisons les chevaux vapeurs du véhicule d’intendance, les nôtres étant au repos. Il n’y a pas de pistes et ça brinquebale de partout. A tel point qu’on se demande parfois si on n’en n’a pas semé un morceau en route. Mais cet engin, beaucoup plus solide qu’il n’en n’a l’air, en a vu bien d’autres.

Nous nous répartissons dans deux grosses et lourdes barques. Ce sont des barques de pêcheurs qui n’ont évidemment rien à voir avec celles pour touristes, en plastique, que l’on trouve en Europe. Et, en dehors de leur fond plat, elles diffèrent fortement de nos barques traditionnelles de rivières.

Barque   Barque

Le poids combiné à l’altitude rend la rame vite fatigante pour des personnes non entraînées. Surtout que la tranquille promenade dégénère vite en course entre les deux barques.

Arnaud à la rame

Tolik à la rame

Une fois revenus sur la terre ferme, nous restons un temps avec les pêcheurs pour boire un verre de vodka avant de retourner vers Abdel Kader et sa famille.

Nous passons le reste de la journée plus tranquillement, à nous reposer à proximité de la yourte. Le farniente réussit également à nos chevaux mais certains, semblant s’ennuyer sans cavalier, se rapprochent et se couchent près de nous.

Sergent

Le nuit ne tarde pas à tomber. Le ciel dégagé, l’altitude élevée et l’absence de pollution nocturne se conjuguent pour nous offrir un ciel particulièrement étoilé. Un beau spectacle avant de partir au pays des rêves.

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