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CARNET DE VOYAGE ...
... Kirghizie Inédite
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Jour 8 : Repos en vue
Ce matin, le lever est rude. Une gelée blanche recouvre les tentes et l’herbe environnante.
Dans certains cas, la fermeture éclair du double toit est même bloquée par le
froid, obligeant à se faufiler au dessous.
Les deux premiers malades de la veille ont repris des couleurs et se sentent d’attaque pour la
journée (heureusement relativement courte) qui commence. Ce qui n’est pas vraiment le cas
des deux autres. Si l’un souhaite poursuivre à cheval, le second, plus raisonnable,
décide de rester avec le véhicule d’intendance pour cette étape.
D’une façon générale, tout le monde se félicite que le lendemain
soit réservé au repos des hommes et des bêtes.
Nous nous mettons en selle alors que le soleil n’a pas encore commencé à
réchauffer la vallée. L’idée de bientôt sentir ses rayons sur notre
visage est particulièrement revigorante.
Nous passons à proximité d’hommes affairés dans leurs champs avant de commencer
l’ascension. Comme toujours les multiples cours d’eau serpentant sur les flancs de la montagne
permettent d’abreuver nos montures à volonté.
Une pause en haut du col nous permet d’admirer le lac de Son Kul qui se laisse entr’apercevoir,
ainsi que les multiples yourtes plantées autour. Sati nous explique que sa famille habite
de l’autre côté du lac.
Reste maintenant à rejoindre la yourte et la famille qui nous hébergeront pour les
deux soirs à venir. Pour cela il nous faut longer le lac sur quelques kilomètres.
Ce que nous faisons en suivant un itinéraire qui nous mène de collines en collines,
jusqu’à la pause déjeuner, rencontrant ça et là des cavaliers et
même une famille entière à califourchon sur un petit cheval ; père
mère et enfant vêtus d’habits aux couleurs bigarrées.
Nous nous installons le long de l’eau sur un versant bien exposé au soleil afin de profiter
autant que possible de sa chaleur bienfaisante.
Nos chevaux semblent également apprécier la situation. Ils sont plusieurs à
se coucher, certains essayant même de se rouler, nécessitant une certaine vigilance
de notre part pour les en empêcher.
Nous reprenons notre chemin en faisant marcher nos montures dans l’eau fraîche du lac, tout
en fredonnant des chansons tsiganes avec Urmat.
La luminosité est exceptionnelle. Le ciel est d’un bleu profond, accentué par
quelques nuages épars. L’ensemble se reflète parfaitement sur une eau qu’aucun vent
ne vient troubler. Ce fabuleux paysage dégage une grande sérénité.
Nous profitons des montées dans les collines pour adopter des allures un peu plus vives et
des points hauts pour admirer davantage encore le panorama.
Le terrain devient bientôt beaucoup plus plat, et le sol particulièrement souple. Ce
n’est d’ailleurs pas un hasard si de nombreuses yourtes y sont installées. Pour nous, c’est
l’occasion tant attendue de nous lancer dans un bon galop. Nos chevaux sont également
enchantés de cette opportunité et nous devons les retenir afin qu’ils ne se lancent
pas dans des allures qui les épuiseraient complètement. Nous maintenons nos neuf
montures dans un galop moyen, poursuivis par les chiens des tchabanes. Gagnés par la
poussée d’adrénaline, nous profitons de chaque seconde de cet instant magique.
Pas question d’arriver à notre but avec des chevaux en sueur. Une bonne demi-heure avant
l’arrivée, nous repassons au pas pour laisser nos chevaux se calmer et se reposer. Sati et
Urmat en profitent pour se livrer à quelques acrobaties sur leur selle.
Nous passons à proximité de marques dans le sol réputées être
les traces des sabots du cheval de Manas. Si cela est vrai, nos énormes Percherons
resembleraient à des Chihuahuas à côté. L'animal devait être plus proche du
diploducus.
La yourte d’Abdel Kader est bientôt en vue. Lui et sa famille se révéleront
être des hôtes d’une gentillesse et d’une prévenance exemplaires.
Nous sommes rapidement rejoints par Tolik et Jean-Michel, partis rendre visite aux pêcheurs
du lac. Jean-Michel a repris des couleurs et va visiblement mieux. Dans tous les cas, les 24 heures
de repos qui commencent sont bienvenues pour tout le monde.
La fin de l’après-midi est consacrée à faire connaissance avec nos hôtes.
Nous assistons à la traite des juments.
Le soleil commence à se coucher, embrasant
le ciel. Et c’est sous cette chaude lumière qu’un troupeau de chevaux passe au galop au
loin, nous offrant un des derniers spectacles de cette grande journée.
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