CARNET DE VOYAGE ...
... Kirghizie Inédite

Journée précédente : Premier bain

Suite du voyage : Repos en vue


Jour 7 : Steppe d’altitude

Notre hôte a récemment acquis une yourte qu’il a montée dans sa cour. Il ne s’agit pas d’un accessoire à touristes mais bien d’une façon de vivre pour les Kirghizes : les réceptions où les événements familiaux s’y déroulent traditionnellement.

Yourte   Yourte (intérieur)

Nous préférons l’authenticité de cet habitat et les magnifiques tapis qui le décorent au confort d’une table et de chaises, aussi nous choisissons d’y prendre notre petit déjeuner.

Dehors, la chaleur écrasante de la veille n’est plus qu’un souvenir et c’est sous un ciel menaçant et avec un petit vent frais que nous nous mettons en selle. La traversée du plateau commence. Nous suivons les chemins qui nous mènent de village en village, souvent au trot ou à l’amble. Parfois, un petit âne tirant une carriole à la charge démesurée surgit d’un virage.

Certaines routes dans les villages sont inondées par des canaux d’irrigations à l’entretien aléatoire. Nos montures pataugent alors allègrement dans l’eau..

Les chemins nous mènent au travers des champs nombreux dans cette zone plate. Nous pouvons y observer des hommes faire les foins, tandis qu’un âne attend que sa carriole soit pleine en broutant tranquillement.

Âne

Nous quittons la plaine pour longer une route parcourant la steppe. La pente est légèrement ascendante et l’horizon lointain donne l’impression d’une étendue infinie.

Cet espace donne des idées à Charchambe, notre cheval de rechange. Il parvient à casser sa longe et en profite pour démontrer quelques velléités d’indépendance. Pas question toutefois de le laisser divaguer, la proximité de la route et parfois de plantations ne le permettant pas. Tant et si bien que nous devons nous y mettre à plusieurs pour parvenir à récupérer l’entêté.

Récupération de Charchambe

Cet exercice aura au moins eu le mérite de nous réchauffer. Le vent se fait de plus en plus fort et froid. A tel point que nous faisons une halte à proximité d’une maison pour enfiler nos vêtements les plus chauds.

Pause

C’est bien emmitouflés que nous reprenons notre longue marche. L’immensité de l’espace donne l’impression d’une certaine immobilité parfois pesante, nous cantonnant à un rôle contemplatif propice à la méditation.

Ce type de paysage, même lassant, fait partie de la Kirghizie, et il est important de le découvrir. La vodka accompagnant le repas du midi nous aidera d’ailleurs à envisager les choses sous cet angle.

La route que nous longeons nous offre un spectacle divertissant. Des camions chargés des choses les plus diverses y circulent. On observe ainsi dans les bennes, pêle-mêle, moutons, veaux, vaches, chevaux... Surtout, les voitures en panne sont légions. Le conducteur en descend, effectue une réparation de fortune puis repart ... pour recommencer quelques centaines de mètres plus loin.

Camion

Des yourtes (ou parfois des wagons faisant office de yourte), apparaissent au pied des montagnes. Et bien sûr, les troupeaux, surtout des chevaux, ne sont jamais bien loin. Quelques uns au loin se mettent au galop, nous offrant un spectacle de toute beauté. Ces troupeaux allant et venant en toute indépendance, dans cette allure fière, renforce cette impression d’espace et de liberté qui accompagne ces paysages. Des enfants, les mains collées aux carreaux des wagons nous épient... Que pensent-ils de ces cavaliers qui parcourent leur steppe ?

Wagon

Nos chevaux, eux, apprécient manifestement ce terrain d’un plat relatif beaucoup plus aisé que tout ce que nous avons connu depuis le début de cette randonnée. Et la vue dégagée nous dispensant de rester grouper, chacun peut aller à l’allure qu’il souhaite, ce qui autorise de temps à autres quelques petits temps de trot ou de galop pour rejoindre les autres. Tout cela sous l’oeil attentif des nombreuses corneilles qui survolent cette région.

Sati   Sati

Gérard   Steppe

Enfin, nous bifurquons vers la montagne et disons adieu à cette vaste plaine. Le temps d’une montée et nous effectuons une courte halte. Nous ne sommes pas loin du lieu où, il n’y a pas si longtemps que cela, le bivouac était organisé. Mais l’herbe rase et l’absence de point d’eau a décidé Gérard à le déplacer plus loin, en un autre endroit plus accueillant.

Sati

Nous repartons jusqu’au col, où une nouvelle halte nous permet d’enfiler les vêtements contre la pluie qui menace, et des gants pour protéger nos mains du froid particulièrement vif. Bien nous en a pris, il ne faut pas quelques minutes pour que les premières gouttes apparaissent. Heureusement, cela ne dure pas bien longtemps et lorsque nous mettrons pieds à terre pour soulager nos chevaux dans la descente, la pluie aura déjà cessé.

Plus ennuyeux, certains membres du groupe commencent à ressentir des nausées. Effet de l’altitude ? Ou plus probablement du froid et de la fatigue accumulée. Car d’ici la fin de la journée, quatre des cinq randonneurs seront malades. Par bonheur, l’étape touche à sa fin. Nous nous dépêchons de monter les tentes pour que les plus mal en point puissent s’allonger.

Les autres s’occupent des chevaux avant de prendre le repas dans le véhicule d’assistance, car la pluie recommence à tomber, cette fois ci de façon persistante et avec une certaine violence. La soirée est animée par Sati qui nous joue des morceaux de musique traditionnelle sur le Komuz.

Suite du voyage : Repos en vue

Journée précédente : Premier bain