| |
CARNET DE VOYAGE ...
... Kirghizie Inédite
|
Jour 6 : Premier bain
Encore une courte journée. A tel point que Gérard ne nous accompagne pas :
il nous laisse son cheval et part avec Tolik dans la voiture d’intendance pour acheter un peu de
ravitaillement.
Après avoir fait nos adieux à Urmat, Cholpone et leur famille, nous partons.
L’itinéraire emprunté est en légère descente et suit la
vallée.
Nous n’allons pas bien loin. Très rapidement, en passant près d’une yourte, son
propriétaire nous fait signe et nous offre chacun un grand bol de koumisse.
Quelle joie ! Heureusement, nous sommes encore à cheval et après avoir bu
quelques gorgées par politesse, certains réussissent à jeter le reste
discrètement. Pour les autres, le renfort arrive en la personne de Tolik. Il arrête
la voiture d’intendance et vide les bols restants avec un plaisir non dissimulé. L’estomac
kirghize est fait d’un autre bois que celui des européens.
Nous repartons, cette fois-ci pour de bon.
Plus le temps passe, plus la vallée
s’élargit. Puis elle est rejointe par une autre. Au croisement, quelques ruines
intemporelles témoignent de l’existence d’une présence humaine plus permanente en
d’autres temps. Nous y effectuons une courte pause.
Plus nous descendons, moins le paysage est sauvage. Les arbres commencent à faire leur
réapparitions tandis que nous apercevons ci et là des ouvrages plus ou moins
esthétiques mais indiscutablement construits par l’homme.
Nous nous arrêtons le temps du repas au bord d’un ruisseau, sous l’ombre bien
agréable des arbres.
Peu de temps après notre départ, nous voyons apparaître entre les flancs de
la vallée un immense plateau. Le panorama se rapproche des paysages typiques de la
Kirghizie tels que décrits dans les livres : de grands plateaux entourés de
montagnes. Nous y pénétrons par un étroit passage. Le contraste avec ce que
nous avons vécu jusqu’ici est important : autant les terrains traversés
auparavant étaient adaptés et utilisés pour l’élevage et la
pâture, autant le sol est ici utilisé pour l’agriculture et l’habitation. Plus de
yourtes mais des fermes et des maisons en dur.
Afin de ne pas risquer d’abîmer les cultures, les chevaux sans cavaliers, qui nous suivaient
jusqu’ici en liberté, sont repris en longe.
Les chemins longent des canaux d’irrigations nombreux mais dans un état de délabrement
avancé, et vont de champs en champs. Ils ont surtout la particularité d’être
bien plat, et ce pour la première fois depuis notre départ. L’occasion
rêvée de trotter et galoper un peu.
Nous ne nous faisons pas prier. Le pas est une allure contemplative qu’il n’est pas
désagréable de rompre de temps à autre. Le passage aux allures plus soutenues
restera toutefois assez bref. Les chevaux ont encore un bon bout de chemin à faire et il
nous faut les ménager.
C’est alors que nous sommes revenu au pas qu’un jeune garçon se présente sur sa
monture et insiste lourdement pour faire la course avec nous. Un petit défi qui semble
l’amuser beaucoup mais que nous refusons de relever. Il ne nous quitte que lorsque Jean Michel,
décidant de lui donner quelques bonbons, s’approche, les confiseries dans son poing.
L’enfant se méprend alors sur ses intentions et déguerpit au grand galop. Bonjour
la réputation des touristes dans la région !
Nous approchons de la ville où nous devons passer la nuit. Le changement de climat est
saisissant. Le soleil tape et nous avons très chaud. Un vent de plus en plus fort balaie
les poussières vers nos visages.
Nous arrivons rapidement et retrouvons Gérard. Il y a quelque chose de bizarre,
étrange, avec lui. Jusqu’à ce que nous comprenions qu’il s’est lavé :
la maison de nos hôtes dispose d’un bain russe. Vivement notre tour !
Ce sera le cas dès le traditionnel encas de bienvenue avalé. Le sauna est une
pièce à l’écart, dans le jardin. Il y fait une chaleur intense. On s’y lave
en remplissant un pot avec l’eau froide contenue dans un grand récipient, que l’on
mélange avec un peu d’eau chaude coulant d’un robinet. Nous apprécions
énormément le bien être apporté par ce bain russe et surtout
d’être vraiment propres pour la première fois depuis notre départ.
Cela nous ouvre l’appétit et nous faisons honneur au plat de mantis (gros raviolis cuits
à la vapeur et fourrés à la viande de mouton), l’une des
spécialités kirghizes.
La journée s’achève, le soleil est tombé depuis plusieurs heures
déjà, et il est temps pour nous d’en faire de même.
|
|
|