CARNET DE VOYAGE ...
... Kirghizie Inédite

Journée précédente : Grand canyon kirghize

Suite du voyage : Premier bain


Jour 5 : En chassant la marmotte

Aujourd’hui, c’est une petite étape qui nous attend (environ 5 à 6 heures). Pas de grasse matinée pour autant, nos hôtes se lèvent tôt et de plus nous devons passer un col assez élevé. Inutile d’attendre que le brouillard se lève.

Nous nous mettons rapidement en route, accompagnés du jeune homme de la yourte. Il a perdu quelques chevaux et veut voir s’ils ne se trouveraient pas sur notre itinéraire.

Après avoir traversé à gué la rivière en contrebas de la yourte, nous entamons une longue montée. Ce départ est un peu rude pour les chevaux, aussi nous faisons rapidement une première halte. Pour mieux repartir jusqu’au premier col. Nous avons bien grimpé et tout le monde (et surtout nos montures) a bien mérité un peu de repos. Devant nous, loin devant, se dressent de hauts sommets.

Panorama   Panorama

Nous profitons du passage du torrent situé un peu plus loin pour remplir nos gourdes. L’eau, même agrémentée de pastilles de purification, change agréablement de la vodka, du koumis et même du thé.

Nous suivons un temps un sentier serpentant autour de la montagne, puis le quittons pour piquer vers un col situé bien plus haut. Le jeune tchaban nous laisse ici et rebrousse chemin. Il semble avoir renoncé à trouver ses chevaux dans les parages.

La vallée suivie est large et grimpe selon une pente assez régulière. De drôles de chardons donnent de loin l’illusion de marmottes. Mais comme Sati a pris du champ et sorti son fusil, on peut raisonnablement penser que ces lieux disposent d’un gibier plus intéressant que ces leurres végétaux.

Un coup de feu éclate, bientôt suivi d’un deuxième. Sati revient rapidement, portant la marmotte, résultat de sa chasse. Nos chevaux, qui ont à peine bronché lors des tirs, semblent peu apprécier l’odeur du sang et s’énervent un peu. Quant à Sergent, il n’accepte absolument pas l’idée de transporter la dépouille. Au final, elle atterrit dans les sacoches de Sati.

Urmat et la marmotte

Nous repartons le temps de rejoindre le col, en empruntant une montée plutôt rude. Près de nous, quelques plaques de neige rappellent que nous sommes à environ 3 500 mètres d’altitude. Une halte s’impose avant de poursuivre. Pas uniquement pour permettre à Gérard d’entrer les coordonnées du col dans le GPS, mais également pour laisser les chevaux prendre quelques forces avant de passer à l’épreuve suivante, qui s’annonce redoutable.

L’objectif n’est pas le col où nous nous trouvons mais un autre situé plus haut. Le chemin suivi est un des plus abrupts que nous n’ayons jamais vu. Nos montures peinent, les pierres roulent sous leurs sabots. Nous soulageons autant que possible l’arrière-main et restons concentrés sur l’itinéraire à suivre. Dommage, ce n’est vraiment pas le moment de prendre des photos qui seraient pourtant spectaculaires.

Enfin, nous débouchons sur le col. Nous sommes à près de 4 000 mètres et le paysage s’en ressent. Pas la moindre trace de végétation, le noir et le rouge des différentes roches dominent. Mais lorsque notre regard se porte un peu plus loin, nous bénéficions d’une vue spectaculaire sur les vallées environnantes.

Paysage lunaire

Comme souvent, nous effectuons la descente à pieds. Le terrain est moyen et hommes et bêtes doivent choisir l’itinéraire avec précaution.

Après une bonne marche, le sol devient meilleur et nous pouvons à nouveau enfourcher nos compagnons. Devant nous s’étend une vallée, assez large dans un premier temps, puis se rétrécissant petit à petit. De temps à autres nous apercevons une yourte et ses troupeaux.

Descente à cheval

Nous la suivons le long de la rivière serpentant en son fond, jusqu’à ce qu’elle s’élargisse franchement, découvrant une yourte et une série de poulains attachés à proximité. Nous sommes arrivés au but de cette journée ; Urmat, Cholpone et leur famille seront nos hôtes pour la nuit.

L’après-midi n’est pas encore très avancé et nous mettons ce temps à profit pour faire connaissance et prendre quelques photos.

Urmat   Notre famille hôte

Gérard, Urmat et la famille hôte  

Un des enfants voit les appareils photos et entreprend de faire le pitre en faisant cabrer son cheval. Ca lui fait très plaisir, et manifestement nettement moins à son cheval. Nous le photographions et lui faisons comprendre qu’il faut en rester là.

Jean-Michel en profite pour regarder sa selle. Lui et Françoise sont selliers, et il a constaté que sa selle présente un défaut blessant pour le cheval. Equipé de quelques outils rudimentaires, il entreprend de régler autant que faire se peut ce problème, sous l’oeil intéressé d’Urmat. S’en suit une longue conversation sur les avantages de la selle kirghize qu’il trouve largement supérieure à celle que nous utilisons. Il sera difficile de faire comprendre à notre hôte que nous n’avons pas les mêmes besoins, que notre selle doit être adaptée aux longues journée de randonnées et que la sienne doit favoriser le travail du bétail avec de courtes actions parfois intenses.

Bourrellerie dans la steppe

Une des petites filles d’Urmat et Cholpone, Marabat, a une voix magnifique et nous en fait profiter en chantant des chansons traditionnelles kirghizes, accompagnée par Sati avec le komuz (instrument à cordes kirghize).

Le temps est assez incertain et parfois quelques averses accompagnées de fortes rafales de vent viennent ponctuer l’après-midi. Pour le soir, Gérard a trouvé un arrangement peu commun avec nos hôtes. La yourte est trop petite pour accueillir la famille et les randonneurs, aussi la famille dormira dans les tentes tandis que la yourte sera laissée aux cavaliers pour la nuit. Tout le monde est content : les kirghizes sont amusés à la perspective de ce changement, et nous nous apprécions l’idée de dormir dans un confort relatif.

Nous profitons d’une accalmie et des derniers rayons de lumière pour trouver un endroit pour planter les tentes et les montons. Pendant ce temps là, les filles jouent à saute-mouton avec les enfants, et se lancent dans divers jeux, cabrioles, lancers de patates et bras de fer.

Cela fait, nous rejoignons la yourte où nous attend la traditionnelle collation : koumisse, thé, nan, miel, confiture, sucre, crème fraîche, beurre, ...

Tunduk, ouverture situ&eactue;e en haut de la yourte

Puis vient l’heure du repas, accompagné par les chants de la petite fille, et en la présence d’Urmat.

Soirée en chansons

Nous pouvons alors nous installer pour la nuit, les yeux pleins des merveilles de la journée.

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