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CARNET DE VOYAGE ...
... Kirghizie Inédite
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Jour 2 : Un début en douceur
Après avoir profité de notre dernière douche avant longtemps et avalé
un petit déjeuner copieux, nous prenons la direction des écuries.
Nos accompagnateurs kirghizes nous y attendent. Sati, chasseur et amateur de sports de combat, et
Urmat, jeune étudiant prometteur, seront nos guides. Tolik sera notre cuisinier. Il conduit
le véhicule et nous rejoint le soir à l’étape.
Nous partons en randonnée avec 9 chevaux. Gérard montera Gricha et nos accompagnateurs
kirghizes Rigi et Sergent. Ce dernier est le seul grand cheval du groupe. Cindy prendra Chamal
(" Le Vent "), cheval âgé d’à peine 4 ans. Ce sera sa
deuxième Kirghizie Inédite cette année. Claire et Françoise iront avec
deux chevaux bais : respectivement Sayak (" crétin des alpages " ou
" plouk ") et Micha. Jean-Michel sera associé à
Ak-Talaa (" Collines blanches "), un rescapé de l’Oulak Tartich (la
course au bélier, certainement le jeu le plus populaire d’Asie centrale) et Arnaud à
Varanok (ce qui signifie " Tout noir "). Charchambe nous accompagnera comme
cheval de rechange au cas où l’un des chevaux viendrait à être blessé.
Par ailleurs, d’autres chevaux nous attendent au lac Son Kul, situé à mi-parcours.
Cindy :
Chamal est un cheval de petite taille à la morphologie singulière ;
son corps est zébré de cicatrices, marques laissées par son ancien
propriétaire, un peu trop porté sur la bouteille. Un loup à
laissé une vilaine marque de morsure sur sa jugulaire, témoignant d’une
attaque alors qu’il était encore poulain. Son passé pour le moins
mouvementé l’a rendu craintif, mais au fil de la randonnée, la confiance
s’établira et il fera preuve de beaucoup de cran et d’endurance.
Au rythme de son pas, j’ai découvert un monde de liberté où les
sourires se dessinent au fond des regards, j’ai traversé des paysages à
la fois extraordinaires et parfois périlleux à la rencontre du peuple
kirghize .Il a vraiment été pour moi un compagnon de route.
Ce petit cheval, je l’aurais bien ramené chez moi, mais sa place est là-bas
dans l’immensité des terres célestes où le vent des steppes
ébouriffe sa maigre crinière et murmure son nom en se faufilant parmi les
hautes herbes des jailoo... Chamal...
Pour cette fois, les chevaux sont déjà sellés. Nous ne nous attardons donc pas
longtemps et, rapidement, c’est le départ, sous un soleil qui n’a rien à envier
à celui que nous avions laissé en France.
Pendant un premier temps, le terrain est assez plat ; les plants d’absinthe chauffés par
le soleil dégagent un parfum entêtant sous les sabots de nos chevaux. Sur notre gauche,
les bâtiments glauques des kolkhozes alignés comme à la parade témoignent
d’un passé pas si ancien que cela où le gigantisme était la raison
d’être et l’esthétisme le cadet des soucis. Sur notre droite, la montagne que nous ne
tardons pas à grimper. Plutôt douce dans un premier temps, la pente s’accentue peu
avant le col.
Son passage est l’occasion d’une brève halte pour faire souffler les chevaux, les ressangler
et bien sûr prendre quelques photos.
La descente est abrupte et se fait donc à pieds. Nous ne tardons pas à arriver à
proximité d’une route qui suit le fond de cette vallée, parallèlement à
un torrent. Nous suivons la route à bonne distance, en profitant du terrain à peu
près plat pour trotter ou ambler un peu. Côté montagne, des troupeaux profitent
de l’herbe bien grasse de la prairie.
Nous traversons la route pour nous rapprocher du torrent, y abreuvons les chevaux puis nous
engageons dans sa traversée. Notre premier passage à gué dans cette
randonnée. Bientôt, nous cesserons de les compter.
Le soleil est maintenant bien haut dans le ciel et il se fait agressif. Ce qui ne nous gêne
nullement pour nous lancer dans un petit et bref galop le long d’un sentier.
Nous nous arrêtons peu après pour le déjeuner, dans un champ à
proximité de la résurgence d’une source. Nous remplissons nos gourdes à la
source d’où bouillonne une eau claire et fraîche. Bonheur simple de puiser dans la nature
ce dont nous avons besoin.Un tchabane passe non loin de là.
Nous entravons nos montures puis passons à table. Au menu : apéritif (vodka,
abricots secs, cacahouètes), salade de concombres et de tomates à l’aneth, saucisson
de fromage (du fromage au goût fumé en forme de saucisson) et une friandise
particulièrement énergétique faite à base de caramel.
Une courte sieste prolonge cette pause.
Nous récupérons nos chevaux (c’est fou comme ils peuvent se déplacer,
même avec des entraves) et repartons.
Nous nous enfonçons dans les jailoos et, petit à petit, le paysage se fait plus
sauvage. Bientôt nous passons à côté de notre première yourte.
Les nombreux cours d’eau coupant notre chemin permettent d’abreuver les chevaux
régulièrement.
Notre itinéraire nous mène le long de chemins bordés de fleurs dont la
diversité et l’opulence feraient pâlir plus d’un botaniste européen, aux
parfums prononcés. D’une succession de courtes montées et descentes, nous passons
à un plateau dont le sol souple se prête à un bon galop. Nos montures ne
demandent que cela et nous les laissons s’exprimer, dans des limites raisonnables. N’oublions pas
qu’il reste un chemin considérable à faire jusqu’à la fin de notre
randonnée.
Le terrain reprend rapidement son aspect vallonné et nous repassons au pas. Une montée
plus longue que les autres nous mène à un col à près de 2500 m
d’altitude. De l’autre côté, se trouve la vallée et la maison de nos
hôtes pour la nuit.
La descente est brutale et le sol peu fiable. Nous mettons pied à terre et y
précédons nos compagnons équins. La terre glisse et les pierres roulent
sous nos pieds. Enfin, la pente s’adoucit et le terrain devient plus praticable. Au loin des
conifères renforcent la ressemblance des paysages traversés aujourd’hui avec nos
Alpes.
Une demi-heure plus tard, nous arrivons chez la famille qui nous hébergera pour la nuit.
Nous attachons nos chevaux, les déssanglons et ramassons les sacoches.
La tradition veut
que toute personne arrivant quelque part prenne une collation. Et ce, même si l’heure du
repas est proche. Nous entrons donc boire le thé et le koumisse, manger le nan
trempé dans la confiture, le miel ou encore la crème fraîche maison.
Pendant ce temps, les chevaux se sont reposés et nous pouvons alors leur enlever la selle
avec des risques minimes de gonfles. Une fois l’opération effectuée, nous les
lâchons dans la nature avec leurs entraves. Et repassons à table, pour le repas
cette fois ci. Pas de risque de perdre du poids pendant cette randonnée. Au menu :
salade et brochettes.
Le dîner avalé, la pièce où nous sommes installés est convertie
en dortoir grâce à l’installation de tapis de feutres. Nous pouvons maintenant prendre
un repos bien mérité.
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