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CARNET DE VOYAGE ...
... Kirghizie Inédite
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Jour 15 : Dernier jour fleuri
L’étape du jour est relativement courte et nous la connaissons déjà. Nous
nous permettons donc de prendre largement notre temps.
Nos hôtes souhaitent profiter de notre présence et de nos appareils photo pour se
faire photographier, eux et leurs enfants. C’est avec grand plaisir que nous leur donnons
satisfaction. L’occasion de constater une nouvelle fois que leur réflexe naturel est de
se placer à côté ou sur un cheval pour la photo.
Jean Michel, expert en akibudo, avait commencé à initier Sati, lors de notre
journée de repos à Son Kul, à cet art martial. Aujourd’hui, ce dernier
souhaite profiter du temps disponible pour en apprendre d’avantage. C’est sous l’oeil amusé
des autres Kirghizes qu’il persévère à essayer les différentes
prises sur Jean Michel pour finir invariablement ... par terre. Tout cela bien sûr dans la
plus grande bonne humeur.
Finalement, il est 10 heures lorsque nous nous mettons en route. Nous traversons des champs
où des hommes sont occupés à faucher les foins, passons à
proximité d’une ferme et de deux yourtes avant de nous engager sur un sentier. Dans un
creux, un cheval que nous ne voyons pas hennit à notre passage. Plus loin, ce sont
quelques ânes et un troupeau de chevaux que nous croisons. Pour la première fois,
une cloche est visible autour du cou de l’un des animaux. La technique de la marraine est-elle
également utilisée en Asie Centrale ?
Le temps est magnifique, pas un seul nuage n’est visible. Nous nous attendons à avoir
particulièrement chaud.
Une demi-heure après notre départ, nous entamons une rude montée. Sous
l’effet de la chaleur et du soleil, nos chevaux sont en nage. Une pause en haut du col s’impose.
Les environs sont particulièrement fleuris, coloriant de couleurs multiples le paysage.
Nous entamons la descente, tantôt à cheval, tantôt à pied. Un ruisseau
permet d’abreuver nos montures. Nous continuons à suivre le sentier, alternant
montées, descentes et terrains plats. L’arrivée sur une petit plaine nous autorise
quelques galops.
Nous passons la rivière où nous avions fait de l’eau à l’aller, traversons
des éboulis et poursuivons notre route. Quelques yourtes bordent notre itinéraire.
Probablement les dernières que nous voyons.
Autre attraction : ces bottes de foin assemblées sous la forme d’une maison. Plus nous
en approchons, plus l’odeur agréable du foin fraîchement coupé se fait
sentir.
Un peu plus de trois heures après notre départ nous rejoignons la piste. Sur les
bas côtés, les plants de chanvre sont toujours aussi présents que lors de notre
première journée à cheval. Et nos chevaux raffolent toujours autant de
leurs graines.
La pause repas s’effectue à nouveau à proximité de la résurgence de
la source. Nous en profitons pour tirer un bilan de la randonnée avec Gérard et
l’avis général est enthousiaste.
L’itinéraire étant connu et sans surprise, Cindy et Jean Michel décident de
pimenter un peu l’après-midi en échangeant leurs chevaux. A chacun de se faire
à sa nouvelle monture.
Montures qui commencent par ailleurs à montrer des signes de fatigue de plus en plus
évidents. Elles trébuchent de plus en plus fréquemment, y compris sur
des terrains sans difficultés particulières. Le long repos qui s’annonce
(c’est la dernière randonnée de la saison) ne sera pas du luxe.
L’exception, c’est " Le Bai ", qui n’aura pratiquement pas été
monté. Et il profite largement de sa liberté en essayant de s’imposer aux autres.
Outre le comportement typique dans ce genre de situation (oreilles couchées, dents
découvertes, encolure allongée), son grand jeu est de se placer devant un de ses
congénères, de ralentir et de le gêner dans ses déplacements. Faire
quelques moulinets avec la cravache permet généralement de remédier à
ce genre de situation.
Les bâtiments des kolkhozes sont maintenant en vue. Cindy et Jean Michel reprennent leurs
montures respectives, chacun voulant passer ces derniers moments avec son cheval.
Très rapidement, nous arrivons à l’écurie, où nous faisons nos adieux
à nos compagnons de route. Tolik est là avec le véhicule d’intendance pour
nous ramener à Rot Front. Le long de la route, nous observons des enfants profitant des
canaux d’irrigation pour se baigner.
Nous retrouvons Dominique avec un grand plaisir puis ne tardons pas nous aussi à nous
rafraîchir sous une bonne douche. Le repas est pris dehors sous les étoiles,
autour d’une grande table avec nos accompagnateurs kirghizes, Dominique, Gérard et
leurs enfants Hélène et Yann. Nous nous régalons des plats
préparés par Dominique, arrosés d’un vin moldave très
appréciable et apprécié.
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