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CARNET DE VOYAGE ...
... Kirghizie Inédite
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Jour 12 : Marmottes et pluies
Il a plu pendant une bonne partie de la nuit, mais ce matin le temps semble s’être mis au
beau. Pourvu que ça dure.
Nous prenons notre petit-déjeuner dans le véhicule d’intendance tandis que le
tchabane de la veille repasse avec son troupeau.
Alors que nous rassemblons les chevaux de l’autre côté de la rivière,
" Le Bai " se met en tête de les rejoindre sans attendre d’être
pris en charge par son cavalier. Les antérieurs entravés, il se lance dans la
rivière avant que nous ayons le temps d’intervenir. L’eau est relativement profonde et
le courant violent. Bousculé par le flot, gêné dans ses mouvements par les
entraves, il manque à plusieurs reprises de se faire emporter ou de tomber. Enfin,
après un violent effort, il fini tout de même par rejoindre la berge et ses
congénères.
Les chevaux sellés et la cavalière tombée dans un ruisseau
séchée, nous partons pour une nouvelle journée de chevauchée en
suivant la vallée.
Plus loin, une brève halte permet d’observer un mausolée, dernière demeure
d’un guerrier (" très riche ", comme le précisent les fermiers
qui vivent à côté) mort il y a plusieurs siècles.
Nous quittons la piste en direction du col alors que les nuages s’amoncellent.
Après un bon moment passé à grimper, nous remarquons à plusieurs
reprises des marmottes occupées à guetter. Sati a sorti son fusil et ne laisse
pas passer l’occasion. Il tire et en abat une. Pour que nous puissions la manger, il faut la
dépecer rapidement. Le mieux est de trouver un endroit propice à une halte afin
de lui permettre de s’atteler tranquillement à la tâche.
Justement, un troupeau de chevaux, un âne et surtout l’odeur caractéristique de
bouse séchée (seul combustible réellement disponible dans la région)
en train de brûler annoncent la présence d’une ou plusieurs yourtes à
proximité.
Une famille nous offre l’hospitalité ainsi qu’une collation à base de koumisse.
Tandis que les enfants jouent avec un ballon de baudruche donné par Claire, les adultes
profitent de notre présence et de nos appareils photos pour se faire photographier sous
toutes les coutures. Et rapidement les voisins se joignent à ce petit jeu auquel nous
nous prêtons bien volontiers.
A 12h15 Sati a fini d’officier et nous prenons congé de nos hôtes.
Trois quarts d’heure plus tard, nous atteignons le col à 3409 mètres d’altitude.
La vue sur la vallée et les montagnes environnantes est impressionnante.
Quelques plaques de neige nous obligent à faire un détour avant d’entamer la
descente. Le terrain constitué de grosses pierres est malaisé et nous
amène à poursuivre à pied pendant un temps.
Alors que nous remontons à cheval, la pluie s’invite à la randonnée sous
forme de quelques petites averses. Heureusement, à 2700 mètres, nous parvenons
à une yourte dont la famille accepte de partager l’annexe (sorte de grande tente servant
généralement à la cuisine) le temps de notre repas. Il était temps,
il pleut maintenant à verse.
Nous attendons tranquillement que ça se calme avant de reprendre notre descente. Au loin,
quelques rayons de soleil éclairent les montagnes alentour, formant un contraste
saisissant avec la luminosité de l’endroit où nous nous trouvons.
A proximité d’un troupeau, un Aksakal monte la garde. Echange de politesses, une petite
discussion et Sati le suit pour boire sa ration de koumisse. Nous, nous parvenons à y
échapper. Ouf.
Nous parvenons enfin dans la vallée, terrain parfois légèrement
marécageux mais plat, ce qui va un peu soulager nos chevaux, et la traversons. La zone
est moins sauvage et quelques habitations sont parfois visibles, ainsi que les restes d’une ligne
électrique.
Quelques Kirghizes sont occupés à faire les foins avec leurs faux à
proximité de la rivière. Un pont en permet la traversée. Plein de trous,
les éléments semblent tenir grâce à des bouts de ficelle. Pour la
première fois, nos montures montrent quelques réticences à s’engager sur
cet assemblage suspect. Parvenus de l’autre côté, nous voyons pourtant une voiture
s’y aventurer. Peut être est-il plus solide qu’il n’en n’a l’air. Quoi qu’il en soit, nous
sommes heureux d’être passés avant et non après.
Le secteur traversé maintenant est plein de trous. Pas de marmottes, comme nous en avons
pris l’habitude, mais des lapins. Nous avons d’ailleurs, pour la première et
dernière fois, l’occasion d’en voir un. Nous quittons cet endroit pour remonter, ce qui
nous amène sur un grand plateau.
Une magnifique lumière éclaire les montagnes au pied desquelles nous devrions
normalement camper. C’est éphémère et quelques minutes plus tard elle a
déjà disparu. Et il ne faut pas bien longtemps pour qu’une pluie dense nous tombe
dessus.
Gérard à chargé Tolik de nous trouver un hébergement chez l’habitant
si le temps venait à être trop mauvais. C’est ce qu’il a fait. Pas de camping pour
cette nuit mais un logement sous la yourte, auprès d’une famille qui accueille
généralement les voyageurs d’une autre randonnée organisée par
Gérard. La yourte sera pour nous seuls, la famille vivant dans un wagon
aménagé juste à côté, où nous prenons notre repas,
à 2800 mètres d’altitude.
Cindy :
" Dans la yourte, il fait froid et humide, mais nous refusons de dormir dans le wagon . Un des enfants
est malade et il nous semble primordial pour lui de rester au chaud et dans le calme.
Nos hôtes ont les traits plus fins que les autres kirghizes rencontrés auparavant et
ressemblent beaucoup aux tsiganes. Cette impression est peut-être renforcée par leur
mode de vie.
Par contre, pas question pour eux de cuisiner notre marmotte, la maîtresse de maison nous a
mijoté un succulent " Plof ", nous voilà donc
condamnés à passer la nuit avec la dépouille de la marmotte en guise de
décoration murale... Charmant !"
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