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CARNET DE VOYAGE ...
... Kirghizie Inédite
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Jour 1 : Premiers contacts
Vendredi 15 Août, 4H du matin. Après un voyage sans grande difficulté mais
long et fatigant, nous sommes enfin arrivés à Bishkek. Les diverses formalités
administratives et la récupération des bagages sont expédiées rapidement
et efficacement par les autorités kirghizes. Le tourisme est considéré comme un
axe de développement majeur, et le pays entend s’en donner les moyens, nous le constaterons
tout au long de notre séjour. Avec 700 visas touristiques délivrés par an,
la marche est encore haute pour développer une véritable industrie.
Gérard, l’organisateur français de cette escapade, nous attend. Nous entassons hommes et
bagages dans sa voiture et prenons la direction de la base de départ : Rot-Front. Pendant
le trajet, la Kirghizie nous souhaite la bienvenue à sa manière, en nous faisant
profiter des premières lueurs sur les Monts Célestes.
Rot-Front, situé à 1200 mètres, est un village fondé par des émigrés
allemands, ce qui explique que ses maisons diffèrent sensiblement de celles que nous verrons
par la suite.
Nous y arrivons après 1H30 de trajet. Dominique, l’épouse de Gérard
nous y attend avec de quoi faire un bon petit déjeuner : thé, confitures, miel ...
C’est autour de la table que nous commençons réellement à faire connaissance.
La discussion est passionnante mais la fatigue finit par prendre le dessus. Nous nous retirons dans la
maison d’hôtes pour prendre un peu de repos. Constituée de deux grandes pièces,
le sol est jonché de magnifiques tapis de feutres tant et si bien que les matelas fournis par
Dominique en sont presque superflus.
Il se dégage de ce lieu une grande impression de sérénité. Le bruit de
l’eau dans les canaux d’irrigation est parfois couvert par le cliquetis fait par les fers d’un cheval
passant le long de la route.
Quelques heures de sommeil nous ont fait le plus grand bien. Dehors, le soleil commence à taper
réellement. Nous profitons du temps qu’il nous reste avant de passer au déjeuner pour
faire le tour des animaux présents chez nos hôtes : deux chiennes (Denise, imposant
Berger du Caucase et Taïga, lévrier des steppes) et une meute de chiots (résultat
des amours de Taïga), une basse-cour et trois chevaux. Le premier se remet d’un coup de sang
lors d’une randonnée précédente. Les deux autres sont des entiers. Un gris
magnifique est le cheval d’Hélène, la fille de Gérard et Dominique.
Le dernier est un cheval pie acquis récemment en vue d’en faire un reproducteur. Ses
anciens propriétaires s’en servaient exclusivement à l’attelage, ce qui explique
peut-être son état : son arrière main est squelettique, aucun muscle ne
vient recouvrir les os. Le travail pour en faire un cheval de monte sera considérable.
L’après-midi, Gérard nous montre et commente l’itinéraire sur les cartes. Il nous
explique ce qui nous attend sur chacune des étapes avec forces appréciations sur les
paysages.
Nous avons à peine terminé que Yahn, leur fils, accompagnateur lui aussi, rentre
d’une randonnée avec une bouteille de Koumisse, le lait de jument fermenté. Nous
goûtons donc à ce breuvage à la réputation sulfureuse. Le goût
n’en est pas si désagréable : frais et légèrement pétillant.
L’estomac, lui, apprécie nettement moins et fait clairement comprendre qu’il vaut mieux ne
pas abuser.
Il est maintenant temps d’aller voir à quoi ressemblent nos montures. L’écurie n’est pas
située à côté de la base et il faut un véhicule pour s’y rendre.
Nous grimpons donc dans la fourgonnette qui nous accompagnera tout au long du séjour. La
forme de ses phares lui donne un vague air de ressemblance avec les voitures stylisées des
dessins animés. Mais son design suranné cache une voiture en fait assez récente
et surtout capable de franchir bien des obstacles grâce à sa motorisation 4*4.
Les chevaux de Gérard sont tous des chevaux de montagne. Généralement d’une taille
assez modeste (plus pratique pour la randonnée), ils possèdent pratiquement tous une
quatrième allure : l’amble.
Nous rendons d’abord visite aux hongres. Certains d’entre eux ont des points de sutures à la
tête. Evidemment, se cabrer dans un endroit bas de plafond n’est pas une bonne idée.
Gérard et Yahn nous les présentent tous un par un. Nous passons ensuite aux juments et
aux poulains. Ils ne participent pas encore aux randonnées, mais cela devrait bientôt
changer.
Il est temps de revenir à Rot-Front où nous faisons un excellent dîner.
Gérard nous offre des cravaches kirghizes fabriquées par ses tchabanes puis nous
préparons nos affaires pour le lendemain. Il est alors temps de prendre des forces pour une
randonnée qui s’annonce prometteuse.
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