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CARNET DE VOYAGE ...
... Week End Pascal dans le Jura |
Le temps du week-end Pascal, le Jura nous a été dévoilé
par un guide passionné et sa famille. C'est à
cheval que nous sommes partis à sa découverte,
longeant les lacs, traversant les prairies, franchissant les
combes et grimpant les montagnes, profitant du paysage et
regardant la nature se réveiller.
C'est donc à l'un d'entre eux, Farouk, que nous laissons
la parole pour vous raconter ce voyage.
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| DESCRIPTION |
La randonnée
Le matin, nos cavaliers viennent nous chercher au pré et nous
conduisent sur le lieu de pansage. Ils commencent par nous servir
nos céréales du matin. Didier m'aime bien, il m'en donne toujours
plus qu'aux autres. Je prends donc toujours tout mon temps pour
les savourer. Le petit déjeuner avalé, c'est le moment de passer
au pansage, mélange de massage bienfaisant et d'excitation car c'est
le signal que le départ approche, puis de nous seller (nettement
moins agréable). Enfin, les cavaliers remplissent les sacoches avec
leur pique nique et leurs affaires diverses. Ils pourraient faire
comme nous, manger de l'herbe, ça serait toujours ça de moins à
porter !
Le départ se fait toujours au pas et à pied pour le cavalier,
ce qui nous permet à tous de nous échauffer.
C'est lorsque je suis bien détendu que le bipède en profite sournoisement
pour re-sangler, m'indiquant par là même qu'il va grimper sur mon
dos. Ca ne manque jamais, une pression d'un côté, ma crinière tirée
du même côté, et je sens un poids sur mon dos. Au moins, c'est le
signal du départ. Il est temps de gagner ma ration d'avoine.
Nous parcourons les sentiers choisis par Didier. Nous les quittons
parfois pour suivre un cours d'eau. J'aime bien ces moments là,
ça nous rafraîchi les paturons et nous masse les jambes. Et puis
j'aime bien marcher dans l'eau de telle manière que le cavalier
du cheval précédant soit copieusement arrosé. Et en général, ça
fait beaucoup rire le mien.

D'autres fois, nous sommes obligés d'emprunter un bout de route.
Heureusement, la vue est agréable et la circulation peu abondante.
Les chemins nous mènent au travers de paysages variés. Parfois,
nous traversons des forêts touffues, abritant des écureuils discrets
qui se sauvent à notre approche, puis nous débouchons dans une clairière,
une prairie, ou encore près d'un lac, dans lequel nos cavaliers
nous font immanquablement marcher. Nous en profitons alors pour
nous désaltérer.
Si nous sommes généralement au pas, les chemins se prêtent aussi
aux longs trots dans lesquels Didier nous entraîne. Et il arrive
que le terrain soit suffisamment bon et la vision suffisamment dégagée
pour nous lancer dans quelques galops. Mon ascendance Pur Sang Anglais
prend alors le dessus et je prends un grand plaisir à montrer à
mon cavalier ce que je sais faire. En retour, mon cavalier me gratte
le garrot et l'épaule, comme pour me montrer qu'il est content de
moi. Il y a simplement une chose que je ne comprend pas : pourquoi
se couche t-il aussi souvent sur mon encolure ? Les branches ne
me gênent pas, moi !
Mais le Jura, c'est avant tout une montagne. Et ça grimpe dur
! Et parfois longtemps ! Même si mon cavalier prend soin de se soulever,
je suis bien content d'arriver en haut. Surtout que la vue y est
souvent à couper le souffle (surtout pour le cavalier, moi je récupère
le mien).

Diego, lui, a une façon toute " fjordesque " d'aborder les côtes
; ce qui lui à valu le surnom de " roi de la montagne ". En effet,
ce petit modèle s'élance dans les montées d'un pas déterminé à la
manière d'un marathonien ; s'arrête net à mi-parcours pour reprendre
son souffle puis donne un dernier coup de reins afin de gravir le
reste de la pente avec acharnement.
C'est dans les massifs que nous rencontrons parfois quelques cousins
(très) éloignés, comme des chevreuils ou des chamois. Un peu snobs,
ils ne s'attardent jamais.
Ce n'est pas tout de monter, mais après il faut redescendre. Et
là, ce n'est pas toujours facile. Certains chemins présentent tant
de difficultés que nos bipèdes sont parfois obligés de descendre
et de marcher pour nous faciliter la tâche et nous encourager. Ca
leur fait du bien, de marcher un peu. Mais nous, nous ne sommes
pas plus à l'aise que ça sur ces terrains glissant, avec ces grosses
pierres qui se dérobent sous nos pieds (surtout moi avec mes grandes
guibolles). C'est toujours avec précaution et componction que nous
nous y engageons.
Une fois en bas, nous pénétrons dans une large vallée ou une combe.
Mais parfois, nous débouchons simplement dans une clairière et devons
poursuivre notre chemin qui peut alors longer quelque à-pic vertigineux.

Dans les sous-bois, les odeurs printanières viennent nous titiller
les naseaux ; le muguet, la violette et le coucou des bois mettent
nos sens en éveil. C'est le signe que les beaux jours sont de retour
et qu'avec eux les prés se sont parés d'une herbe bien grasse. C'est
justement ce qui inquiète Didier : ce sont les premières nuits que
nous passerons sur des prés aussi riches, il craint les coliques
et le coup de sang, car il sait bien que notre objectif n°1 est
de raser tout le pré en une nuit. Du coup, Didier réduit considérablement
notre ration de grains pour limiter les risques ; ce qui s'avère
efficace, car au petit matin nous voilà tous en grande forme.
Lorsque les cavaliers consentent enfin à mettre pied à terre et
à nous dessangler un peu, c'est le signal de l'arrivée imminente
à l'étape. Un peu de marche à pied et le cérémonial du départ pourra
être réitéré, en sens inverse, prélude à notre lâché au pré.
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