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CARNET DE VOYAGE ...
... Cantal
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Pour une fois, nous décidons de partir faire une randonnée sans guide. L'occasion de
mettre en pratique ce que nous avons appris, tout en découvrant le Cantal.
Là, nous sommes réellement responsables de nos montures. A nous donc de leur trouver
ce qu'il leur convient, de les soigner et de gérer leur effort.
Jean, auprès de qui nous avons loué les chevaux, a réservé les
gîtes équestres et nous a donné les cartes nécessaires à notre
périple (Polminhac - Ronesque - Pailherols - Le Lioran - Polminhac). Il y a tracé
l'itinéraire tout en nous le commentant abondamment. Le trajet est balisé avec des
traces oranges. En théorie donc, tout est simple. Mais nous découvrirons bientôt
que la recherche de ces marques oranges peut tourner à l'obsession.
Obsession que ne nous empêchera heureusement pas de contempler de magnifiques panoramas et
les rapaces qui abondent dans la région.
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| DESCRIPTION |
Jour 4 : Le Lioran - Polminhac
Le réveil se fait tôt. Nous devons avoir quitté le secteur de la course avant 10H.
Nous organisons donc notre temps pour pouvoir filer dès la fin du petit-déjeuner, ce qui
signifie que les chevaux doivent avoir bu, mangé et être pansés et sellés avant
8H.
Nous posons également quelques questions sur la possibilité de trouver de l’eau pour les
chevaux sur notre itinéraire. On nous rassure bien vite : aucune difficulté à
attendre de ce côté là dans le secteur que nous empruntons dans la journée.
Jean arrive alors que nous passons les filets aux chevaux. Nous échangeons quelques mots et il nous
aide à passer sous les bandes installées en travers du chemin par les organisateurs de la
course.
Le chemin est en descente. Impossible de trotter alors nous demandons à nos montures un pas vraiment
actif. Nous sortons du circuit de la course lorsque les premières motos apparaissent.
Malheureusement, dans notre hâte, nous avons raté une bifurcation. Il nous faudra un petit
moment pour nous en apercevoir et de toutes façons il est hors de question de se faufiler au milieu
des motos pour la retrouver. L’arrivée dans un village nous permet de nous situer et de trouver
le moyen de rejoindre notre itinéraire.
Cette première partie se déroule dans la forêt, à l’ombre. C’est
appréciable, même s’il ne fait pas encore trop chaud. Quelques cours d’eau ramenés
au rang de minces filets croisent parfois notre route. Les chevaux n’ont pas encore trop soif et refusent
généralement d’y boire.
Alors que notre sentier longe un pré derrière une rangée d’arbres, des vaches
probablement effrayées par quelque choses arrivent, lourdement, à grande vitesse, dans de
grands tintements de cloches. C’est assez impressionnant, même si nous ne risquons rien, et Juste et
Boy en sont tout secoués.
L’heure avance et le soleil commence vraiment à taper. Jean nous a donné un point de
repère : il faut que nous soyons pour le repas du midi au Buron des Champs. Cela semble
tenable, mais il ne faut pas traîner. Nous sortons de la forêt et débouchons dans un
premier village. Nous le traversons, passons sur un pont et reprenons un sentier qui nous ramène
vers un autre village. Avant de retraverser la même rivière que précédemment,
nous profitons de la descente en pente douce pour y abreuver les chevaux. Cette fois-ci, ils ne se font
pas prier, signe qu’il était temps de leur trouver de l’eau.
Une bonne monté sur une route goudronnée nous attend. Juste à tendance à
déraper et il faut utiliser au maximum les bas-côtés. Enfin nous prenons un chemin
à la pente douce et au sol souple. Nous en profitons rapidement pour passer au galop.
Nous repassons au pas aux abords de la forêt. Le cours d’eau signalé sur la carte est bien
présent et accessible, nous laissons donc nos montures s’y abreuver. Le sentier mène au
Buron des Champs où nous ne tardons pas à arriver. Jean avait indiqué que nous y
trouverions de l’eau et de l’ombre pour les chevaux. Mais, hélas, un troupeau de vaches s’est
installé avec les veaux et le taureau juste devant l’entrée. Il serait dangereux d’essayer
d’y aller aussi nous cherchons une solution de repli avec toujours les deux exigences que sont l’eau et
l’ombre.
Pour l’eau, la carte indique la possibilité d’une source un peu plus loin. Nous nous y rendons
mais nous constatons qu’elle est à sec. Tant pis, un peu plus loin sur l’itinéraire nous
devons traverser une forêt avec un cours d’eau. Il reste à espérer qu’il sera
accessible et non asséché. Et à retrouver notre chemin ...
Jean nous a signalé une petite difficulté : il faut descendre du buron pour retrouver
l’itinéraire, et se méfier d’un sentier tentant qui n’a rien à voir avec celui que
l’on attend. Nous suivons donc ses consignes et explorons les quelques sentiers que nous croisons. Aucune
marque orange visible, nous continuons et longeons la clôture qui nous mène à un petit
surplomb rocheux.
En le contournant, nous avons le plaisir de découvrir un abreuvoir, alimenté par une source.
Nos chevaux se précipitent pour se désaltérer et nous en profitons pour leur doucher
l’encolure. Ne sachant pas si l’eau est potable, nous n’en buvons pas mais en profitons pour nous
rafraîchir.
En poursuivant, nous finissons par trouver notre sentier et pénétrons sous l’ombre
bienfaisante de la forêt. Le cours d’eau cherché coule non loin et est accessible aux
chevaux. Nous décidons de faire notre halte déjeuner à proximité, pour
profiter de la fraîcheur relative et de la possibilité de faire boire Juste et Boy avant de
partir. Nous les attachons à un arbre et nous octroyons une pause de 45 minutes. Difficile de faire
plus compte tenu de l’heure déjà avancée. Et hors de question de faire moins, tout le
monde a besoin de repos.
Comme toujours, notre départ se fait à pied. Mais cette fois-ci, ça va durer un
moment.
La sortie de la forêt est l’occasion d’un bon casse tête pour retrouver notre
itinéraire. D’après la carte, il replonge un instant sous les arbres avant de filer vers des
ruines qui forment notre prochain point de repère. Nous explorons diverses voies mais aucune ne
semble correspondre : pas de marque orange, et un terrain peu praticable pour les chevaux. Nous
prenons donc la décision de contourner cette pointe de forêt. Le détour est minime et
ne présente pas de difficultés. Et nous permet de retrouver l’itinéraire
balisé ...
Le terrain présente toujours des pentes assez importantes aussi nous sommes encore à pied
pour économiser nos montures. Nous passons les ruines et piquons vers deux bâtiments
situés en lisière de forêt. Nous devons la traverser mais ne trouvons pas la moindre
indication sur le sentier à prendre : malgré diverses reconnaissances, aucune trace
orange n’est visible. Etant sûr de notre position et connaissant la direction à suivre, nous
abandonnons la recherche d’un itinéraire balisé au profit de celle d’un chemin praticable
pour nos chevaux et étant approximativement sur le bon cap.
Ce que nous trouvons ressemble plutôt à un chemin pour des mules ou des chèvres, mais
les chevaux suivent sans difficulté. Nous apprécions à nouveau à cette occasion
l’installation de Jean, qui permet de détacher un côté des rênes et ainsi nous
évite d’avoir nos compagnons équins sur les talons dans les passages délicats.
Enfin, nous finissons pas déboucher sur un chemin digne de ce nom. La présence de marques
oranges confirme que nous sommes bien sur notre itinéraire. Le terrain étant moins pentu,
nous mettons enfin le pied à l’étrier.
La bifurcation suivante est placée à un point permettant d’apercevoir les pâturages et
les montagnes alentours. Nous profitons de la vue tandis qu’un abreuvoir plein d’eau ravit nos deux
compères. Nous nous préparons à pénétrer au coeur des estives et
franchissons la première barrière d’une longue série.
Après quelques dénivelés, nous arrivons sur la crête. Quelques bergers s’occupent
de leurs troupeaux un peu plus loin et nous font de grands gestes. Nous prenons conscience que nous n’avons
pas rencontré le moindre être humain depuis fort longtemps.
Le terrain devient meilleurs et permet quelques trots et galops. Cela ne dure pas. Rapidement, nous
repassons au pas pour aborder une mauvaise pente dans les meilleures conditions. Nous seront même
obligés de faire un crochet pour la couper.
Il devient impératif de presser le mouvement. Heureusement, arrivés en haut et pratiquement
jusqu’à la sortie des estives, nous bénéficions d’un sol souple et de pentes
modérées. Nous en profitons pour enchaîner les galops, entrecoupés de passage
de barrières et de périodes de pas pour laisser Juste et Boy souffler.
Nous trouvons de ci delà des abreuvoirs où nous laissons nos montures boire. La chaleur est
intense et nous les rafraîchissons autant que possible en leur aspergeant l’encolure. Et si elles
semblent en apprécier le résultat, le moyen semble moins leur convenir.
Nous quittons les estives par un sentier qui devient rapidement une route vaguement goudronnée,
jusqu’au croisement d’une autre route que nous suivons jusqu’au village voisin. A partir de là,
notre itinéraire reprend un sentier plus adapté au voyage équestre, et nous nous
enfonçons parmi les arbres. L’allure dominante est le pas, même si nous parvenons parfois
à caser quelques trots ou galops. Après encore un long moment, nous débouchons enfin
à Polminhac. Le passage à proximité d’une fontaine permet de faire boire nos chevaux
qui n’ont rien bu depuis la sortie des estives.
Les cavaliers, eux, sont totalement desséchés. Nous nous étions
inquiétés de la possibilité de trouver de l’eau pour nos montures sans penser un seul
instant à augmenter la quantité emportée pour notre usage. Un bref arrêt
à un bar à la sortie du village permet de nous humidifier le gosier et d’attendre
l’arrivée chez Jean, où nous parvenons après une journée superbe mais
harassante qui aura duré 10h30. Ce jour là, Juste et Boy ont bien mérité
leur ration et leur douche.
Ils ont fait des progrès notables. En particulier Juste qui reste plus calme à l’arrêt
et est un peu moins froid à la jambe. Ce jeune cheval se révèle être un
randonneur prometteur.
C’était leur première randonnée ensemble et ils ne se quittent plus.
Lâchés dans leur pré, ils restent côte à côte, sans se
mélanger aux autres chevaux qu’ils connaissent pourtant bien. Et c’est ainsi qu’ils passeront la
nuit.
Ils sont bien frais et ils repartent en randonnée dès le lendemain, dans un groupe beaucoup
plus large. Attachés sur des murs opposés le temps de leur pansage, ils n’ont de cesse de
se surveiller mutuellement.
Nous regardons le groupe s’éloigner après avoir donné les dernières
recommandations aux deux cavalières qui montent nos compagnons et les avoir cajolés une
dernière fois. Le temps d’échanger quelques mots avec Jean, de ramasser nos affaires, et
nous prenons la route. C’est la fin d’une randonnée particulièrement enrichissante et
éducative, au milieu de superbes paysages. Elle a été de plus un excellent
entraînement en vue de notre prochain voyage. Mais c’est une autre histoire ...
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