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CARNET DE VOYAGE ...
... Cantal
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Pour une fois, nous décidons de partir faire une randonnée sans guide. L'occasion de
mettre en pratique ce que nous avons appris, tout en découvrant le Cantal.
Là, nous sommes réellement responsables de nos montures. A nous donc de leur trouver
ce qu'il leur convient, de les soigner et de gérer leur effort.
Jean, auprès de qui nous avons loué les chevaux, a réservé les
gîtes équestres et nous a donné les cartes nécessaires à notre
périple (Polminhac - Ronesque - Pailherols - Le Lioran - Polminhac). Il y a tracé
l'itinéraire tout en nous le commentant abondamment. Le trajet est balisé avec des
traces oranges. En théorie donc, tout est simple. Mais nous découvrirons bientôt
que la recherche de ces marques oranges peut tourner à l'obsession.
Obsession que ne nous empêchera heureusement pas de contempler de magnifiques panoramas et
les rapaces qui abondent dans la région.
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| DESCRIPTION |
Jour 3 : Pailherols - Le Lioran
La météo nous annonce un temps chaud et c’est effectivement sous un grand soleil que nous
nous mettons en marche. L’itinéraire nous fait commencer sur la route puis sur un chemin avant de
prendre le sentier menant aux estives.
Nous montons progressivement et petit à petit le panorama se révèle, aidé en
cela par une absence quasi-totale de végétation.
Cela fait maintenant un moment que nous sommes partis, et nous n’avons toujours pas vu la moindre trace
orange. Nous commençons réellement à nous poser des questions : sommes nous sur
la bonne route ? Aucun panneau indicateur ni aucun point de repère ne nous permet de le
confirmer. Et pas âme qui vive à l’horizon. Seule chose rassurante : la boussole nous
indique que nous sommes dans la bonne direction. Alors que notre sentier redescend légèrement,
nous apercevons ce qui semble être un cul de sac. Réelle inquiétude : avons nous
raté une bifurcation ? Allons nous être obligé de faire demi-tour et avons nous
perdu notre matinée ? Heureusement, au fur et à mesure de notre approche, une
barrière se dessine. Il s’agit de la clef que Jean nous a signalé. Soupir de soulagement,
nous sommes sur l’itinéraire.
Le passage de cette clef provoque un attroupement chez les chevaux lourds du pré situé
à coté. Nous en profitons pour photographier ces forces de la nature sous tous les angles
avant de nous remettre en route.
Un galop a vite fait de nous rapprocher d’un petit groupe de randonneurs. Ce sont les premières
personnes que nous rencontrons depuis que nous avons pris la direction des estives et échangeons
quelques mots avec elles. L’occasion de nous faire confirmer que nous sommes bien à l’endroit
supposé.
Les paysages sont magnifiques et nous n’hésitons pas à nous arrêter voire même
à sortir du chemin pour en profiter. Nos chevaux, du moins lorsqu’ils cessent de brouter, font de
très bons avant-plans pour les photos.
Mais l’heure commence à être réellement avancée et il nous faut maintenant faire
une halte pour manger. Problème majeur, nos chevaux n’ont rien eu à boire depuis notre
départ alors que nous n’avons pas eu d’ombre et que le soleil darde assez durement ses rayons.
Il faut que nous leur trouvions de l’eau. La carte indique une source un peu plus haut, à
proximité des ruines d’une chapelle.
D’après la carte, il faut sortir du sentier et s’engager sur le pré. Ce pré descend
vers une cuvette et la pente est assez dure. Inutile d’y engager les chevaux sans être certain d’y
trouver ce que nous cherchons. Nous nous séparons, l’un gardant les chevaux, l’autre descendant
chercher la source. Las, s’il ne faut pas longtemps pour la trouver, elle est malheureusement à
sec. Reste un espoir : des abreuvoirs semblent avoir été placés plus bas. Pour
savoir s’il sont remplis, un seul moyen, aller voir. Effort récompensé car ils sont
effectivement pleins. A défaut d’ombre, nos chevaux auront au moins de l’eau. Nous les menons
donc à pied aux abreuvoirs et les laissons se désaltérer. Il fait vraiment chaud aussi
nous décidons de limiter la durée de la pose, et d’en faire une autre dès que nous
trouverons de l’ombre. Donc, dès nos sandwichs avalés, nous ramenons nos compagnons
équins vers le sentier puis mettons le pied à l’étrier.
Nous abordons maintenant la ligne de crête et le GR qui vont nous mener au Plomb du Cantal. De
temps à autres, un rapace nous survole. Rapidement, le chemin devient plus fréquenté
mais également plus mauvais. Nous finissons pas choisir de descendre de cheval et de continuer
à pied. Nous ne nous remettrons en selle qu’au moment où le sentier rejoint les
remontées mécaniques et les pistes de ski. C’est en empruntant l’une d’entre elles que
nous amorçons notre descente vers Super Lioran.
Des personnes s’affaires sur cette piste et des bandes ont été disposées tout son
long. Aux bribes de conversations que nous captons, nous comprenons qu’il s’agit des préparatifs
d’une course. De quelle course ? Mystère. Peut être du VTT, puisque sur cette partie
notre itinéraire équestre se confond avec un itinéraire VTT. Mais nous ne tarderons
pas à avoir la réponse.
En attendant, nous croisons quelques cours d’eau rachitiques ramenés à un filet par la
sécheresse qui sévit maintenant depuis plusieurs mois. Nous essayons d’y abreuver nos chevaux
avec un succès tout relatif. Puis enfin notre chemin pénètre dans une forêt.
L’ombre est bienfaisante et nous en profitons pour faire une pause, malgré les mouches et les
taons. Tant nos compagnons que nous même devons souffler un peu. De temps à autres, des
bruits de moteurs montent vers nous.
Ces bruits nous incitent à reprendre notre chemin sans trop tarder, et bien nous en prend.
Quelques mètres plus bas, une bifurcation nous amène à mettre pied à terre le
temps de bien repérer notre itinéraire. Sur notre gauche, une porte donne sur un sentier
avec une pente assez marquée. Tout droit, une bande posée pour la course barre le passage.
Un regard attentif sur la carte et une courte reconnaissance sur les deux possibilités montrent qu’il faut passer la porte. Nous nous apprêtons à la franchir, à pied, lorsque 4 motos trial arrivent en pétaradant. Heureusement l’obstacle que constitue la porte les oblige à ralentir puis à s’arrêter pour l’ouvrir. Nous poussons nos chevaux sur le côté et les tenons fermement. Le premier passe, nous fait remarquer qu’il y a une course de motos le lendemain d’une voix couverte par le bruit infernal de son engin, et passe sans précautions à proximité de Boy et Juste, imité en cela par les deux suivants. Protestation des équidés qui tentent de se soustraire et essayent de botter. Heureusement, sans succès. Seul le denier aura la bonne idée d’éteindre son moteur pour avancer de quelques mètres, nous laissant le temps de nous éloigner.
Nous avons eu de la chance. Qu’aurait donné une rencontre avec cette brochette d’idiots à
un autre moment, nous à cheval et eux lancés à pleine vitesse ? Le fait qu’une
course de moto se déroule le lendemain sur ce chemin leur donne t-il le droit d’y circuler au
mépris de la sécurité des autres usagers ? Enfin, pourquoi les organisateurs
n’ont-ils pas prévenu les instances du tourisme équestre qu’une course se déroulait
sur un itinéraire de randonnée équestre ?
Nous pressons nos montures pour sortir de ce piège au plus vite. Nous ne tenons absolument pas
à réitérer ce type de rencontre. Heureusement, nous ne tardons pas à sortir
du sentier. La station de ski est en vue, semblable à ses homologues avec ces immeubles clapiers.
Des attractions diverses sont en marche, nous incitant à rester un peu à l’écart.
Inutile de risquer un mouvement de peur de la part de nos chevaux alors qu’il commence à y avoir
beaucoup de monde aux alentours. Notre itinéraire nous amène à traverser la ville
pour reprendre un autre sentier. Problème : le circuit de la course bloque le chemin, nous
laissant devant deux alternatives. La première consiste à passer sur une route en construction.
Pas le meilleur moyen de se faire bien voir et beaucoup d’ennuis en perspectives. La seconde consiste
à traverser une aire de jeux avec des enfants. Nous privilégions cette solution après
avoir mis pied à terre et en tenant les chevaux par la bride. Tout se passe heureusement sans
incident, de même que la traversé du tunnel un peu plus loin. Petit à petit les
marques oranges font leur apparition et nous n’avons aucun mal à trouver le sentier. Nous ne sommes
pas mécontents de quitter cette zone urbaine.
Il ne nous faut plus longtemps pour arriver au gîte. Adieu la solitude des derniers jours, il est
situé au pied d’une piste de ski et de nombreuses voitures attestent du nombre de clients. Surtout,
nous constatons que la course s'étend jusque là et même sur une portion de notre
itinéraire du lendemain.
Nous sommes bien accueillis. Notre chambre et notre table donnent sur le pré où nous avons
laissé nos chevaux après le rituel du soir (pansage, douche, eau, granulés). C’est
heureux car ils attirent du monde et notamment les enfants. Nous surveillons donc
régulièrement que personne ne vienne les importuner ou leur donner à manger.
Bilan de la journée : la navigation est satisfaisante et nous nous sommes bien sortis des
difficultés rencontrées. Les chevaux n’ont pas été trop sollicités
mais n’ont pas eu assez d’eau, surtout par cette chaleur et cette absence d’ombre. S’il n’était
malheureusement pas possible de faire mieux, nous devront faire attention le lendemain. La
météo prévoit des températures caniculaires et Jean nous a
prévenu : c’est de loin l’étape la plus longue.
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