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CARNET DE VOYAGE ...
... Cantal
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Pour une fois, nous décidons de partir faire une randonnée sans guide. L'occasion de
mettre en pratique ce que nous avons appris, tout en découvrant le Cantal.
Là, nous sommes réellement responsables de nos montures. A nous donc de leur trouver
ce qu'il leur convient, de les soigner et de gérer leur effort.
Jean, auprès de qui nous avons loué les chevaux, a réservé les
gîtes équestres et nous a donné les cartes nécessaires à notre
périple (Polminhac - Ronesque - Pailherols - Le Lioran - Polminhac). Il y a tracé
l'itinéraire tout en nous le commentant abondamment. Le trajet est balisé avec des
traces oranges. En théorie donc, tout est simple. Mais nous découvrirons bientôt
que la recherche de ces marques oranges peut tourner à l'obsession.
Obsession que ne nous empêchera heureusement pas de contempler de magnifiques panoramas et
les rapaces qui abondent dans la région.
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| DESCRIPTION |
Jour 2 : Ronesque - Pailherols
Nous décidons d’être debout de bonne heure (05h30) pour profiter du lever de soleil depuis
le plateau granitique. Le spectacle vaut largement cet effort : le soleil commence à
déchirer la brume stagnant dans le fond des vallées.
Nous allons chercher les chevaux dans le pré et les pansons. Boy présentait une blessure
à l’un de ses antérieurs au début de la randonnée, probablement à la
suite d’un coup de pied. Malgré les soins prodigués avant le départ et pendant le
premier jour, elle a pris un vilain aspect et l’antérieur est enflé. Nous devons donc
employer de plus grands moyens. Nous immobilisons le cheval avec l’aide de notre hôte pendant que
Cindy baigne la blessure avec de l’eau savonnée et la désinfecte en profondeur (coton tige).
Un spray désinfectant et une pommade pour aider à cicatriser et protéger des mouches
complètent les soins.
Boy n’apprécie que modérément le traitement et une fois libéré, repose
violemment son pied sur celui de Cindy. Bilan : un doigt de pied qui double de volume et probablement
cassé ainsi que des difficultés à marcher pour Cindy, et une blessure qui ne posera
plus de problèmes pour Boy.
Une fois tout le monde prêt, nous pouvons repartir. La première partie nous fait redescendre
le dénivelé monté la veille, et ce jusqu’à la rivière. Nous en profitons
pour y faire boire et marcher les chevaux, afin de les rafraîchir un peu.
L’itinéraire nous fait passer sur des sentiers forestiers avec une déclivité
raisonnable. Les chevaux ne sont pas à la peine et nous pouvons nous autoriser quelques trots
lorsqu’il n’y a pas trop de cailloux. Nous traversons un premier village et passons sur un autre chemin
qui s’élargit peu à peu. Un réservoir d’eau apparaît dans un coude. Il n’est
pas porté sur la carte et alors que nous nous interrogeons sur notre position exacte, le
réservoir se remplit brutalement dans un grand grondement. Panique chez les chevaux qui partent
au galop. Il nous faut quelques mètres pour les remettre en ordre, ce qui nous mène
près d’une bifurcation. Une rapide vérification du terrain nous confirme que nous sommes sur
le bon chemin et nous donne la bonne direction. Nous pouvons donc repartir.
Après la traversée de quelques hameaux et une alternance entre chemins et routes, nous
arrivons sur un sentier qui se révèle rapidement être parfaitement adapté au
trot et au galop et en profitons pour réveiller nos montures.
Nous finissons par revenir au pas pour laisser les chevaux souffler et, l’heure avançant,
cherchons un endroit propice au pique-nique. Ce dernier est trouvé sous la forme d’un champ avec
des bottes de foins éparses.
La halte nous permet de nous restaurer et de nous reposer. Après tout, il n’y a pas que nos chevaux
qui ont le droit de dormir.
Nous repartons après une petite heure de pause, n’ayant qu’une vague idée du temps encore
nécessaire pour arriver à l’étape.
Le passage dans un village est l’occasion d’abreuver nos chevaux à la fontaine. Il fait chaud et
depuis un moment déjà nous sommes sortis de l’ombre protectrice de la forêt.
Une courte période sur la route nous mène au chemin que nous devons prendre. Il y a moins de
forêt et la vue commence à être bien dégagée. Nous décidons de
profiter de la lumière et du panorama pour prendre quelques photos de nos compagnons
équins.
Nous rencontrons là nos premières estives et nos premières barrières. Il
faut à chaque fois prendre grand soin de les refermer derrière nous. Pour cette
journée, il ne s’agit que d’un avant goût des deux prochaines et nous quittons rapidement
les pâturages pour retrouver des chemins parfois fort broussailleux.
Nous arrivons finalement assez tôt à Pailherols. A tel point que la clôture pour nos
chevaux n’a pas encore été posée. En revanche, nos bagages, le matériel de
pansage et la nourriture des chevaux sont déjà arrivés.
L’endroit que l’on nous présente nous donne quelques inquiétudes. S’il est acceptable le
temps de panser et de désaltérer nos montures, il n’est pas envisageable de les y laisser
passer la nuit. Des morceaux de verres et de ferrailles parsèment un terrain qui est par ailleurs
totalement dépourvu d’herbe.
Heureusement, le propriétaire de la clôture arrive et nous posons l’enclos un peu plus haut,
sous quelques arbres, sur un sol pourvu de hautes herbes. Voilà à coup sûr de quoi
occuper nos goinfres une bonne partie de la nuit.
Le moment du repas est l’occasion pour Juste de montrer son caractère dominant aux dépends
de Boy et nous devons surveiller à ce que ce dernier puisse bénéficier de sa pleine
ration. Tâche peu aisée tant il a tendance à mettre son grain partout.
Les chevaux étant pansés et soignés, ayant mangé et étanché
leur soif, nous pouvons maintenant nous préoccuper de nous. Nous essayons de faire vite afin de
pouvoir avoir fini de manger avant le coucher de soleil.
Objectif atteint, nous sommes fin prêt pour profiter du spectacle qui se lève sur un
décor formé par les montagnes et volcans d’Auvergne.
La séance de photos terminée, et après avoir vérifié que les chevaux
disposent toujours d’eau dans leurs sceaux, nous passons à l’étude de l’itinéraire
de la journée du lendemain.
Le bilan de la journée est assez satisfaisant : nous avons bien géré les efforts
de nos chevaux qui sont arrivés frais et dispos. Nous sommes peut être trop exigeant sur
la qualité des terrains pour prendre le trot ou le galop, mais il s’agit là d’un choix
délibéré. Et même si nous avons été largement aidés par
un balisage de grande qualité, notre navigation a été excellente. Il nous reste
à faire de même demain, alors que le balisage sera quasi-inexistant et que nous nous
lanceront vers les estives.
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