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CARNET DE VOYAGE ...
... Cantal
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Pour une fois, nous décidons de partir faire une randonnée sans guide. L'occasion de
mettre en pratique ce que nous avons appris, tout en découvrant le Cantal.
Là, nous sommes réellement responsables de nos montures. A nous donc de leur trouver
ce qu'il leur convient, de les soigner et de gérer leur effort.
Jean, auprès de qui nous avons loué les chevaux, a réservé les
gîtes équestres et nous a donné les cartes nécessaires à notre
périple (Polminhac - Ronesque - Pailherols - Le Lioran - Polminhac). Il y a tracé
l'itinéraire tout en nous le commentant abondamment. Le trajet est balisé avec des
traces oranges. En théorie donc, tout est simple. Mais nous découvrirons bientôt
que la recherche de ces marques oranges peut tourner à l'obsession.
Obsession que ne nous empêchera heureusement pas de contempler de magnifiques panoramas et
les rapaces qui abondent dans la région.
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| DESCRIPTION |
Les chevaux
Nos compagnons sont deux hongres particulièrement placides et aux pieds sûrs.
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Boy est un Appaloosa taciturne aux origines incertaines. A l'arrêt (et même
éventuellement en route), il retrouve toute son énergie pour se transformer en une
redoutable tondeuse à gazon. Mais il ne faut pas s'y tromper, ce cheval est un
habitué des courses d'endurances.
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Juste est un jeune Auvergnat bai. Il se fatigue plus vite que Boy et, jeunesse oblige, s'effraye un
peu plus. Il est également atteint du syndrome de la tondeuse à gazon, heureusement
à un degré moindre, mais sait également rester immobile et
s'économiser à l'arrêt.
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Jour 1 : Polminhac - Ronesque
Le ciel est gris, la température fraîche contraste avec la canicule des jours
précédents et la météo annonce de la pluie, des orages et même des
averses de grêle. C'est donc bien couverts et avec nos ponchos que nous mettons le pied à
l'étrier. Titou, le chien de Jean, se sent d'humeur vagabonde et décide de nous accompagner.
Le chemin tout d'abord relativement plat, permettant quelques trots, nous amène assez rapidement
vers un sentier abrupt traversé par des troncs d'arbres sous lesquels il nous faut passer. Les
chevaux s'y engagent avec confiance et nous amènent assez vite sur le plateau quelques dizaines de
mètres plus haut. Le terrain est bien souple et nous permet de nous lancer dans quelques galops.
Un bref passage sur une route nous confronte à une difficulté inattendue : Titou
n'obéit absolument pas aux ordres et se place allégrement au milieu du passage, de
préférence lorsqu'une voiture se présente. Les conséquences de son comportement
ne se font pas attendre, heureusement sous une forme moins grave qu'une collision avec un véhicule.
Lors de la traversé d'un village, il va à la rencontre d'autres chiens et se fait mordre
à une patte. C'est sur trois pattes qu'il continue à nous suivre. Nos velléités
de le soigner disparaissent rapidement lorsqu'il essaye à son tour de nous mordre. Et ce d'autant
plus que l'agresseur l'a suivi et continue à lui chercher querelle. Nous sommes obligés de
le charger avec les chevaux pour le faire déguerpir. Il est préférable de ne pas
trop s'attarder dans les parages.
Dans la précipitation, nous ne sommes plus sûr du chemin choisi et passons un bon moment
à le retrouver. C'est donc assez tard que nous arrivons à l'étape du midi, une auberge
dans laquelle Jean nous a réservé une table.
Bilan de la demi-journée : les allures ont été variées, parfois vives mais
jamais sur de longues distances. La température clémente est agréable pour les chevaux
et les cavaliers. Ceux-ci doivent faire des progrès dans le suivi de la carte. Il n'a finalement
pas plut et les ponchos sont inutiles. Le chien fonctionne toujours sur trois pattes mais, signe
encourageant, arrive à la poser de temps à autres.
L'après-midi se révèle plus facile : l'itinéraire suivant la lisière
d'une forêt et longeant une rivière, il est difficile de se tromper. Le chemin n'est pas
très bon et ne nous permettra que quelques temps de trots. Une descente un peu rude nous
amènera même à mettre pied à terre. Nous avons donc tout loisir de profiter
du paysage.
Nous quittons un bref instant la forêt au fond de la vallée. A cet endroit, la rivière
est accessible et nous en profitons pour abreuver les chevaux avant la montée assez rude qui
s'annonce. Notre chemin se confond maintenant avec notre itinéraire de départ du lendemain.
Nous nous engageons sur la longue ascension qui doit nous mener à Ronesque, dans un pas tranquille.
Le paysage est agréable mais les chevaux, en particulier Juste, peinent. L'encolure de ce dernier
commence à se couvrir de sueur. Heureusement, quelques (faux) plats leur permettent de reprendre
leur souffle.
Au bout du chemin, des abreuvoirs sont une bonne occasion de faire une halte que Boy et Juste semblent
apprécier.
Nous ne sommes plus bien loin du but et mettons pied à terre. Bientôt, nous arrivons au
gîte ou nous bénéficions d'un accueil haut en couleur et chaleureux.
Jean arrive également avec nos bagages. Nous buvons un verre, l'occasion de faire un point sur
cette première journée, pendant que les chevaux mangent leurs 3 litres de granulés
puis il repart avec son chien : il serait trop dangereux de l'emmener dans les estives.
Nous menons les chevaux vers le pré où ils passeront la nuit, après avoir
repéré un lieu où les abriter si le temps venait à se gâter, puis
leur portons une botte de foin. Nous pouvons maintenant nous occuper de nous.
Une douche plus tard et notre hôte nous emmène admirer la vue sur le plateau granitique
situé quelques mètres plus haut. La couche nuageuse limite la visibilité mais ce
que nous voyons donne une idée assez juste de la vue spectaculaire qu'il est possible d'admirer
par beau temps. Les derniers rayons du soleil et un arc en ciel donnent une atmosphère
étrange à ce lieu.
Le plateau ne contient qu'un cimetière et une chapelle. Notre hôte en détient la clef
et nous la fait visiter de fond en comble, cloches y compris. Elle est admirablement entretenue et la
visite se révèle des plus intéressante.
Il est temps de rentrer et après avoir avalé un bon repas (copieux, comme tous les soirs
qui suivront), nous continuons à discuter avec notre hôte tout en dégustant quelques
liqueurs locales. Enfin, chacun se retire pour la nuit.
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